DATE : 2014-12-19
L'énergéticien canadien Hydro-Québec a choisi l'Aquitaine pour mener des recherches sur le stockage d'énergie via la création d'une filiale à 100%, baptisée SCE France (pour Stockage, Conversion d'Energie). En janvier, SCE implantera un laboratoire de recherche visant notamment à développer des batteries lithium-fer-phosphate. Des subventions à hauteur de 5,5 millions d'euros En échange de ses brevets et du transfert de R&D mené par l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), le canadien doit bénéficier de subventions pour un montant de 5,5 millions d'euros, dont la moitié sera apportée par la Région Aquitaine. Hydro-Québec, qui appartient à 100% à l'Etat québécois, cherche aussi à obtenir une aide européenne."La première étape de ce projet, c'est le laboratoire de recherche, explique Karim Aghib, directeur général de SCE France. A Hydro-Quebec, nous travaillons sur les batteries lithium-fer-phosphate depuis 1997. La technologie est maintenant mature et prête à être commercialisée.
Nous allons faire de l'accompagnement sur le transfert de R&D et nous travaillerons avec des partenaires qui s'occuperont du montage des batteries et de la commercialisation." Encore en négociations, Hydro-Québec ne révèle pas le nom de ses futurs partenaires mais précise que ce sont "des acteurs importants en Aquitaine ou en France". Le laboratoire fera également de la recherche sur des matériaux innovants de batteries. Porte d'entrée pour le marché européen Les principaux domaines d’application de ces nouvelles batteries sont l’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux, la recharge rapide de véhicules électriques ou hybrides et les systèmes d’alimentation de secours. Pour Hydro-Québec, ce partenariat est aussi une porte d'entrée pour accéder au marché européen. "Nous sommes bien implantés sur le marché américain, au Canada et aux Etats-Unis, nous cherchons maintenant le complément européen", appuie Karim Aghib.SCE France s'installera temporairement dans deux locaux dans les Pyrénées-Atlantiques : à l'Institut des sciences analytiques et physicochimie pour l'environnement et les matériaux (IPREM) à Pau et à Chemstart'up, un incubateur pour les jeunes entreprises de chimie situé à Lacq. Elle emploiera 6 personnes à ses débuts et envisage de passer à 25 d'ici trois ans. "Lors de la phase de développement, nous resterons à Lacq. La Région travaille pour y créer un gros campus sur le stockage et la conversion de l'énergie, ce qui nous intéresse", précise Karim Aghib. Un pôle industriel et de recherche de 600 personnes L'Aquitaine développe en effet un campus à Lacq, spécialisé sur le stockage de l'énergie, en coopération avec les universités de Pau et de Bordeaux. "Le stockage de l'énergie, c'est le Graal de la recherche, s'enthousiasme Alain Rousset, président PS du Conseil régional d'Aquitaine. Nous voulons avoir un pôle visible à l'échelle européenne. Avec Hydro-Québec, la Région intervient en amont pour sortir un démonstrateur améliorant la performance de la batterie. Il y aura ensuite des coopérations avec des industriels sur ce pôle, comme Arkema, Schneider et peut-être Sony." A terme, ce nouveau pôle industriel et de recherche pourrait employer 600 personnes, estime la Région, pour un investissement de 330 millions d'euros.
SOURCE GreenUnivers