DATE : 2013-10-31

Le groupe allemand de chimie-pharmacie Bayer a publié jeudi des résultats solides au troisième trimestre, tirés par ses activités de pharmacie et d'agrochimie, malgré un euro fort qui a pesé sur son chiffre d'affaires.

Le groupe rhénan a dégagé un bénéfice net au troisième trimestre en hausse de 42% sur un an à 733 millions d'euros, soit légèrement moins qu'attendu par le consensus d'analystes de l'agence Dow Jones Newswires qui tablait sur une progression de 46% à 752 millions d'euros.

Son chiffre d'affaires, qui a souffert d'effets de change défavorables, a quasiment stagné à 9,6 milliards d'euros, faisant là aussi légèrement moins bien qu'attendu.

Sur le plan opérationnel en revanche, Bayer a convaincu avec des performances nettement supérieures aux attentes. Son bénéfice opérationnel Ebit a bondi de plus de 47% à 1,2 milliard d'euros et son résultat brut d'exploitation Ebitda hors éléments exceptionnels a progressé de près de 8% à 1,98 milliard d'euros.

Bayer a profité de la santé de ses divisions pharmaceutique et d'agrochimie.

La première, HealthCare, réalise à elle seule la moitié du chiffre d'affaires et demeure le pilier central du groupe, inventeur de l'aspirine. Ses ventes ont résisté aux effets de change défavorables grâce au succès rencontré par ses nouveaux produits phares: l'anticoagulant par voie orale Xarelto --devenu numéro un mondial--, les anticancéreux Stivarga et Xofigo et le traitement ophtalmologique Eylea.

Avec le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire Adempas, ces quatre produits doivent générer en 2013 un chiffre d'affaires de plus de 1,4 milliard d'euros. Bayer estime qu'à leur apogée, ils lui rapporteront plus de 5,5 milliards d'euros par an.

La division CropScience, qui fabrique pesticides et engrais pour l'agriculture, a pour sa part bénéficié d'un bon début de saison en Amérique latine, en particulier au Brésil.

Ces deux activités ont largement compensé la faiblesse de la division de chimie de base, MaterialScience, affectée notamment par une baisse des prix des produits plastiques en raison de surcapacités sur ce marché.

"Un de nos concurrents a mis en fonction l'an dernier un gros site de production de polycarbonates, cela a nettement mis la pression sur les prix", a expliqué Marijn Dekkers, patron de Bayer, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Il a toutefois assuré que ces surcapacités devraient s'estomper dans les années qui viennent et les prix pouvoir augmenter.

Le groupe prévoit de supprimer dans les quatre prochaines années 700 postes dans le monde, dont 180 en Allemagne, dans cette division qui emploie au total plus de 14.000 personnes. Les négociations avec les représentants du personnels des différents sites concernés sont toujours en cours.

Comme au trimestre précédent, M. Dekkers a confirmé les prévisions annuelles de Bayer tout en signalant qu'elles étaient "de plus en plus ambitieuses".

Une précaution "très liée à la monnaie", a-t-il ajouté, alors que l'euro s'est dernièrement renchéri. "Un euro fort signifie pour nous une pression plus forte sur nos résultats", a expliqué M. Dekkers.

Au seul troisième trimestre, les effets de change défavorables ont coûté 130 millions d'euros au groupe, a-t-il indiqué.

Bayer vise toujours une hausse de 4% à 5% de son chiffre d'affaires à prix constants. Mais en tenant compte de la moyenne actualisée des taux de change, cela le portera à "environ 40 milliards d'euros", soit dans la fourchette basse de sa prévision de ventes comprises entre 40 et 41 milliards d'euros en 2013.

Le groupe continue également de tabler sur une augmentation, hors charges exceptionnelles, d'environ 5% de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) et sur une hausse comprise entre 5 et 10% de son bénéfice par action.

Pour assurer sa croissance future, il prévoit d'investir 18 milliards d'euros entre 2013 et 2015 dans la recherche et développement ainsi que dans les immobilisations corporelles (locaux, équipements productifs, etc).

La publication de résultats partiellement meilleurs qu'attendu et la confirmation des prévisions pour 2013 avaient soutenu le titre Bayer dans la matinée. Vers 11H50 GMT, la tendance s'était renversée, l'action cédant 0,32% à 92,22 euros à la Bourse de Francfort, dans un marché à l'équilibre.  

SOURCE AFP