DATE : 2014-07-06

 

De notre envoyé spécial à Montréal Hubert Bruyère 
On en sait plus sur le projet d'Hydro-Québec à Lacq, susceptible, rappelons-le, de créer 600 emplois à terme, dont 100 dans un premier temps. 
C'est une Paloise, Sabrina Paillet, qui dirigera l'équipe scientifique qui va s'installer à l'automne dans le bassin de Lacq pour travailler sur la batterie du futur (Notre édition de samedi). 
Ce docteur de l'Institut pluridisciplinaire d'étude et de recherche sur les matériaux (Iprem) est depuis avril 2013 au Canada. Elle travaille à l'Institut de recherche d'Hydro-Québec que dirige Karim Zaghib, une figure de l'innovation dans le monde de l'électricité, et en particulier celui des batteries. C'est cet homme avec lequel Alain Rousset, président du conseil régional d'Aquitaine, a pu longuement échanger vendredi en visitant les laboratoires, les bancs d'essai, le prototype de futures chaînes de fabrication. 
L'institut de recherche d'Hydro-Québec a mis au point de nombreux brevets utilisés dans le monde. Sabrina Paillet a travaillé au Commissariat à l'énergie atomique à Grenoble. Elle mène des recherches dans le domaine des batteries au lithium.... une des filières qui pourrait un jour se concrétiser en Béarn. 
La Région actionnaire 
La convention signée vendredi à Montréal entre Hydro-Québec et le conseil régional d'Aquitaine constitue une double première. « C'est la première fois que nous nous installons hors du Canada », relève Karim Zaghib. Hydro Québec, à travers sa filiale française, sera actionnaire à hauteur de 20 % de la société Powertrend Energy Conversion (PEC) qui a vu le jour fin avril pour l'installation du Canadien en Béarn. 
Le conseil régional d'Aquitaine sera également actionnaire, à hauteur d'environ 10 %. Et c'est là aussi une première pour la collectivité. « C'est le caractère novateur du projet et le fait que, sans l'implication de la Région, il n'aurait pas vu le jour qui nous a convaincus de franchir le pas », explique le conseiller d'Alain Rousset en charge du dossier. 
Hydro-Québec travaille déjà avec Arkéma 
Le président du conseil régional a pu voir les poudres, les éléments de batterie à charge ultrarapide, les bancs de tests de résistance aux chocs et au feu... La filiale béarnaise d'Hydro-Québec a pour objectif d'apporter des innovations qui constituent de véritables « ruptures technologiques ». Ensuite les procédés seront proposés au industriels. On sait par exemple qu'Arkema est intéressée par les poudres (nano-particules) qui entrent dans la fabrication des batteries du futur. Le chimiste, par ailleurs premier employeur de Lacq (700 emplois) via ses trois établissements, et l'institut de recherche ont d'ailleurs signé au mois de mars un partenariat concernant le développement d'un nouvel électrolyte pour les batteries des véhicules électriques. Sony est cité pour des batteries de très grande capacité. 
« L'investissement de départ est d'une vingtaine de millions d'euros, mais quand les industriels se saisiront des innovations, avec un partage de la propriété, ce sont des investissements de l'ordre de 400 millions qui sont envisagés », explique Denis Lagourgue, un des ingénieurs créateur de Powertrend Energy.

 

SOURCE La République des Pyrénées