RELEASED ON 25/06/13 (DD/MM/YY)
Le site gardois a failli disparaître. Mais il redémarre en investissant près de 25 M€ dans de nouvelles productions.
En quittant le Nord pour le Sud, et retrouver ses racines familiales, le Marseillais Jean-Luc Pujol savait où il mettait les pieds en acceptant le poste de directeur de l'usine Solvay dans le Gard. Car il a bien failli ne jamais connaître le site chimique de Salindres, près d'Alès, où travaillent quelque 110 personnes. Difficile à croire, pourtant, pour cette unité qui a fêté ses 150 ans en 2005.
D'Henry Merle à Solvay en passant par Péchiney « Les commodités, c'est fini », sourit le nouveau directeur arrivé fin 2012. Un drôle de terme utilisé à l'époque pour qualifier le carbonate de soude et l'acide sulfurique, matériaux de base de la chimie. Les matières premières étaient à portée de main : chaux, sel, charbon...
Rachat de l'entreprise par le Belge Solvay en 2011
Un essor dû à l'entrepreneur Henry Merle. On y élabora aussi le premier aluminium dans le monde, sous l'impulsion du chimiste Henri Sainte-Claire Deville, dès 1860. L'expansion se poursuivit sous Alfred Rangod Péchiney, brillant chimiste, qui apporta d'importantes améliorations dans la fabrication des chlorates. Son nom donné à l'entreprise a perduré jusqu'en 2003, date de l'absorption de la branche aluminium par Alcan. La branche chimie, elle, est devenue Rhône-Poulenc, puis Rhodia, avant son rachat par le Belge Solvay en 2011. Entre-temps, les productions du site salindrois avaient évolué.
« Ce qui faisait tourner la machine, c'était les grosses productions, comme l'acide fluorhydrique et le fluogène, les petites productions étaient un plus », résume Jean-Luc Pujol. L'environnement économique a changé, les grosses productions se sont arrêtées, au point que le site fut mis à la vente.
« Il a fallu monter un projet industriel » Jean-Luc Pujol, directeur du site.
« Le contexte économique a changé et on s'est aperçu que dans ces tas de petites productions, il y avait des pépites, indique le directeur. La décision de reconsidérer le portefeuille de produits date de 2010. De là, il a fallu monter un projet industriel. » Déterminer les productions à conserver, faire des études de marchés, trouver des clients...
« L'accord sur le projet industriel a été validé en juillet 2012 en comité exécutif de Solvay. » Pour les salariés du site salindrois qui ont vu disparaître des productions et fondre les effectifs, un rayon de soleil pointe enfin son nez. Un lourd investissement de plusieurs millions d'euros est validé. « Avec ça, on s'inscrit dans la durée, se réjouit Jean-Luc Pujol.
La porte de sortie, c'est la chimie fine, avec beaucoup de savoir-faire dans la mise en œuvre, et à très forte valeur ajoutée. » La preuve ? « Aujourd'hui, on exporte entre 80 % et 100 % des produits qu'on fabrique... » Ses clients : l'agrochimie, la pharmacie et l'électronique.
Futur proche
Sel de Lithium : Le LiTFSI (un sel de lithium) est un bijou de chimie. Il joue le rôle de conducteur transparent qui évacue l'électricité statique des écrans plats d'ordinateur, de tablette et de mobile, afin de ne pas les détériorer. Regardez votre mobile, il y a peut-être un peu des productions de Salindres en lui. Il sert aussi à stabiliser les batteries afin d'éviter le risque d'incendie. Un plus pour Solvay qui en dote les batteries des Bluecar, les voitures électriques de ville de Bolloré, qui circulent à Paris.
Investissement : Décidé en 2012, un investissement voisin de 25 M€ permettra d'accroître les capacités de production pour le LiTFSI et l'acide triflique, un superacide très prisé par l'industrie pharmaceutique. La première grosse étape sera en septembre prochain avec le démarrage du projet actuellement en cours de construction.
Environnement : Un bon tiers des 25 M€ est consacré à la protection de l'environnement. La station d'épuration va être reconstruite. Solvay aura la sienne propre.
SOURCE Le Midi Libre
Le site gardois a failli disparaître. Mais il redémarre en investissant près de 25 M€ dans de nouvelles productions.
En quittant le Nord pour le Sud, et retrouver ses racines familiales, le Marseillais Jean-Luc Pujol savait où il mettait les pieds en acceptant le poste de directeur de l'usine Solvay dans le Gard. Car il a bien failli ne jamais connaître le site chimique de Salindres, près d'Alès, où travaillent quelque 110 personnes. Difficile à croire, pourtant, pour cette unité qui a fêté ses 150 ans en 2005.
D'Henry Merle à Solvay en passant par Péchiney « Les commodités, c'est fini », sourit le nouveau directeur arrivé fin 2012. Un drôle de terme utilisé à l'époque pour qualifier le carbonate de soude et l'acide sulfurique, matériaux de base de la chimie. Les matières premières étaient à portée de main : chaux, sel, charbon...
Rachat de l'entreprise par le Belge Solvay en 2011
Un essor dû à l'entrepreneur Henry Merle. On y élabora aussi le premier aluminium dans le monde, sous l'impulsion du chimiste Henri Sainte-Claire Deville, dès 1860. L'expansion se poursuivit sous Alfred Rangod Péchiney, brillant chimiste, qui apporta d'importantes améliorations dans la fabrication des chlorates. Son nom donné à l'entreprise a perduré jusqu'en 2003, date de l'absorption de la branche aluminium par Alcan. La branche chimie, elle, est devenue Rhône-Poulenc, puis Rhodia, avant son rachat par le Belge Solvay en 2011. Entre-temps, les productions du site salindrois avaient évolué.
« Ce qui faisait tourner la machine, c'était les grosses productions, comme l'acide fluorhydrique et le fluogène, les petites productions étaient un plus », résume Jean-Luc Pujol. L'environnement économique a changé, les grosses productions se sont arrêtées, au point que le site fut mis à la vente.
« Il a fallu monter un projet industriel » Jean-Luc Pujol, directeur du site.
« Le contexte économique a changé et on s'est aperçu que dans ces tas de petites productions, il y avait des pépites, indique le directeur. La décision de reconsidérer le portefeuille de produits date de 2010. De là, il a fallu monter un projet industriel. » Déterminer les productions à conserver, faire des études de marchés, trouver des clients...
« L'accord sur le projet industriel a été validé en juillet 2012 en comité exécutif de Solvay. » Pour les salariés du site salindrois qui ont vu disparaître des productions et fondre les effectifs, un rayon de soleil pointe enfin son nez. Un lourd investissement de plusieurs millions d'euros est validé. « Avec ça, on s'inscrit dans la durée, se réjouit Jean-Luc Pujol.
La porte de sortie, c'est la chimie fine, avec beaucoup de savoir-faire dans la mise en œuvre, et à très forte valeur ajoutée. » La preuve ? « Aujourd'hui, on exporte entre 80 % et 100 % des produits qu'on fabrique... » Ses clients : l'agrochimie, la pharmacie et l'électronique.
Futur proche
Sel de Lithium : Le LiTFSI (un sel de lithium) est un bijou de chimie. Il joue le rôle de conducteur transparent qui évacue l'électricité statique des écrans plats d'ordinateur, de tablette et de mobile, afin de ne pas les détériorer. Regardez votre mobile, il y a peut-être un peu des productions de Salindres en lui. Il sert aussi à stabiliser les batteries afin d'éviter le risque d'incendie. Un plus pour Solvay qui en dote les batteries des Bluecar, les voitures électriques de ville de Bolloré, qui circulent à Paris.
Investissement : Décidé en 2012, un investissement voisin de 25 M€ permettra d'accroître les capacités de production pour le LiTFSI et l'acide triflique, un superacide très prisé par l'industrie pharmaceutique. La première grosse étape sera en septembre prochain avec le démarrage du projet actuellement en cours de construction.
Environnement : Un bon tiers des 25 M€ est consacré à la protection de l'environnement. La station d'épuration va être reconstruite. Solvay aura la sienne propre.
SOURCE Le Midi Libre